Explique moi comment les DIM ou DCR s'y prenait pour attaquer une position allemande en 40 Cite des sources
Voici une analyse structurée de la tactique offensive des Divisions d'Infanterie Motorisées (DIM) et des Divisions Cuirassées de Réserve (DCR) lors de la campagne de France en 1940.
[Analysis]
Période historique : Campagne de France (mai-juin 1940).
Acteurs : Armée de terre française (DIM, DCR) face à la Wehrmacht.
Problématique : Comment ces unités, conçues selon la doctrine de la "Bataille Conduite", tentaient-elles de briser ou de repousser les lignes allemandes ?
La question demande d'expliquer les modes opératoires tactiques. Il faut distinguer la DIM, qui est une unité d'infanterie d'élite dont la mobilité sert à la mise en place défensive ou à l'attaque appuyée, et la DCR, un outil de rupture blindé puissant mais structurellement déséquilibré.
[Answer]
En 1940, l'attaque française repose sur la doctrine de la "Bataille Conduite". Contrairement à la Blitzkrieg allemande basée sur l'initiative et la vitesse, la méthode française est méthodique, centralisée et repose sur la puissance de feu.
1. L'attaque par une DIM (Division d'Infanterie Motorisée)
Les DIM (ex: 1ère, 12ème, 15ème DIM) sont le fer de lance de l'infanterie. Leur mode d'attaque suit un schéma rigide :
La préparation d'artillerie : Avant tout mouvement, l'artillerie divisionnaire (canons de 75 et 155 mm) doit pilonner les positions adverses. L'attaque ne commence que lorsque le "rideau de feu" est établi.
La progression par bonds : L'infanterie avance sous la protection de l'artillerie. On ne progresse que si l'objectif précédent est sécurisé et que les liaisons téléphoniques sont établies.
L'appui des chars de combat : Les DIM sont souvent appuyées par des bataillons de chars légers (R35 ou H35). Ces chars sont considérés comme des "domestiques de l'infanterie" : ils avancent au rythme du fantassin pour détruire les nids de mitrailleuses.
2. L'attaque par une DCR (Division Cuirassée de Réserve)
Les DCR (ex: 1ère, 2ème, 3ème DCR) sont créées tardivement pour la rupture. Leur attaque est puissante mais manque de souplesse :
L'échelon de choc : Les chars lourds B1 bis attaquent en tête. Leur rôle est d'encaisser les coups et de détruire les blindés et canons antichars ennemis grâce à leur double armement (47 mm en tourelle, 75 mm en casemate).
L'échelon de nettoyage : Les chars légers (H39) suivent pour éliminer les poches de résistance restantes.
Le point faible : l'infanterie portée. Les DCR ne possèdent qu'un seul bataillon de Chasseurs Portés (BCP). Une fois que les chars ont pris une position, ils n'ont pas assez d'infanterie pour la "nettoyer" et la tenir. Souvent, les chars français doivent se replier le soir pour se ravitailler, abandonnant le terrain conquis.
Le problème des transmissions : Faute de radios performantes dans tous les chars, les commandants de compagnie communiquent souvent par fanions ou doivent descendre de leur char, ce qui rend la coordination impossible sous le feu.
Sources :
Robert A. Doughty, The Seeds of Disaster: The Development of French Army Doctrine, 1919-1939. (Ouvrage de référence sur la doctrine).
Gérard Saint-Martin, L'Arme blindée française : Tome 1, Mai-juin 1940.
Notice provisoire sur l'emploi des chars de combat (Règlement officiel de 1937).
Dominique Lormier, Comme des lions : mai-juin 1940, l'héroïque sacrifice de l'armée française.
[Key Dates & Context]
10 mai 1940 : Lancement du Plan Dyle-Breda. Les DIM entrent en Belgique pour prendre position sur la ligne de front.
15 mai 1940 : Bataille de Flavion. La 1ère DCR est surprise par la 7ème Panzerdivision de Rommel alors qu'elle est à l'arrêt pour se ravitailler. Illustration du défaut logistique des DCR.
15-25 mai 1940 : Bataille de Stonne. Les B1 bis de la 3ème DCR et l'infanterie de la 3ème DIM reprennent le village 17 fois. C'est l'exemple type de l'attaque combinée réussie, mais épuisante.
17-19 mai 1940 : Contre-attaques de la 4ème DCR (Colonel de Gaulle) à Montcornet et Crécy-sur-Serre. Les chars progressent sans appui aérien ni infanterie suffisante, et doivent stopper faute de soutien.
Contexte doctrinal : L'état-major français craignait par-dessus tout la "rencontre fortuite". Il préférait donc des ordres écrits très détaillés, ce qui empêchait toute réaction rapide face à la mobilité allemande (le Auftragstaktik ou tactique de mission).
